Qu’est-ce que la conception bioclimatique ?

La conception bioclimatique est une méthodologie voire une philosophie de travail permettant de concevoir nos lieux de vie.

Son objectif est de trouver la meilleure adéquation entre les trois éléments de base de l’acte de construire : les habitants, l’habitat et l’environnement proche ou au sens général.

Cette méthodologie peut être représentée par le schéma suivant :

Dans ce schéma, l’habitat est représenté par le cercle et l’habitant se situe en son centre en tant qu’acteur principal. Cinq points dits « pôles de contact et d’équilibre » sont inhérents à l’équilibre de l’habitat et au bien-être de ses occupants :

  • le lieu qui accueille le projet
  • la forme architecturale
  • les matériaux qui seront mis en œuvre
  • les fluides et les énergies nécessaires à la construction et au fonctionnement de l’habitat
  • la qualité de mise en œuvre des matériaux et équipements

Dans ce même schéma, les différentes liaisons entre les pôles représentent les interactions qu’il existe entre eux, c’est-à-dire que l’un ne peut s’affranchir de l’étude des quatre autres.

La conception bioclimatique va s’appliquer alors à rechercher l’équilibre entre les souhaits et les possibilités des habitants (ou du maître d’ouvrage) d’une part et les cinq pôles d’autre part, ceci dans une recherche d’économie maximale de consommation des énergies.

Pour en savoir plus, les pôles de contact et d’équilibre sont développés ci-après :

Les habitants (ou le maître d’ouvrage)

Le terme « d’habitants » est préféré à celui « d’occupants » car il est intégré dans ce terme une notion « d’acteur » de son habitat et non celle de « résident » des lieux. Il est aussi évident que le maître d’ouvrage ne sera pas forcément l’occupant des lieux.

C’est pour cela qu’il est alors indispensable de connaître les objectifs à atteindre car les finalités seront très variées selon les obligations, souhaits et envies des clients, leur fonctionnement de vie des lieux et leur ressenti de bien-être.

Le lieu

Un examen attentif doit être apporté aux caractéristiques du lieu d’accueil, voire dans le choix du lieu si plusieurs sites sont possibles :

  • Le macroclimat de la région
  • Le microclimat du site (exposition, régimes des vents, environnement proche…)
  • La géologie et topographie du site
  • Tout autre élément inhérent au site : végétation, présence d’eau etc…

Dans un projet de réhabilitation ou d’extension, cette analyse a aussi du sens et vient en complément de l’étude du fonctionnement du bâti existant (structures porteuses, répartition des espaces…). Elle peut intervenir dans une réorganisation des espaces, dans une amélioration de l’habitat via des équipements propres à la conception bioclimatique (serres, capteurs à air etc…).

La forme architecturale :

Dans le cadre d’une approche bioclimatique, la forme architecturale est un espace conçu autour du « projet de vie » de ses habitants. Il doit donc dans ce sens avoir plusieurs composantes :

  • Le respect du cahier des charges (besoins, souhaits et envies) du client en termes quantitatifs et qualitatifs
  • Le respect des multiples fonctions de la construction (fonctionnalité des espaces, qualité des circulations, vues et lumières à privilégier…)
  • L’étude thermique de la conception des espaces (ambiance thermique, optimisation de la forme architecturale et utilisation d’organes bioclimatiques spécifiques, protection ou captation des éléments météorologiques extérieurs…)

Les matériaux :

Le choix des matériaux n’est pas anodin, il faut les choisir et les placer en fonction de l’utilisation souhaitée :

  • Capter l’énergie
  • Stocker la chaleur ou la fraîcheur
  • Déphaser plus ou moins le stockage obtenu ci-dessus
  • Empêcher la fuite des calories vers l’extérieur en hiver et inversement faire barrage aux apports caloriques en été

Le choix des matériaux doit être aussi dépendant de la nature du projet et du rôle mécanique qui leur est attribué mais aussi des compétences locales sur leur mise en œuvre.

Les fluides et les énergies :

Cela comprend :

  • L’énergie nécessaire pour chauffer et rafraîchir l’habitat
  • L’eau
  • L’air
  • L’électricité
  • Les moyens de communication

Si les trois premiers pôles de contacts et d’équilibre sont correctement étudiés, la part des fluides et énergies sera minime voire nulle notamment en termes de rafraîchissement. Ceci va dans le sens des économies d’énergie.

La mise en œuvre :

Les études préalables n’auront de finalité que si la mise en œuvre des matériaux et équipements est rigoureuse. Pour cela, un soin particulier doit être notamment apporté aux ponts thermiques et à l’étanchéité à l’air de l’enveloppe pour s’assurer de la performance énergétique de la construction.

Il est évident que le respect des DTU, avis techniques et autres réglementations est nécessaire à la solidité et à la qualité de réalisation de l’ouvrage.