Des moisissures sur un mur intérieur font presque toujours penser à une infiltration venue de l’extérieur. Dans un appartement de Beausoleil que nous avons expertisé, la façade présentait bien des fissures. Pourtant la cause était ailleurs : la vapeur d’eau produite à l’intérieur du logement ne pouvait plus s’évacuer.

Ce que nous avons constaté dans l’appartement

L’intervention portait sur un appartement du deuxième étage d’un immeuble résidentiel de Beausoleil. Les premières traces avaient été signalées deux ans avant notre visite, dans une chambre orientée au sud-ouest.

Les désordres étaient répartis dans plusieurs pièces : moisissures sur les murs, traces d’humidité en partie basse des murs périphériques, dégradations dans les alcôves des chambres, traces dans les renfoncements sous les fenêtres et derrière le climatiseur du salon, peinture qui cloquait dans les WC. Les occupants signalaient aussi de la condensation sur certains murs pendant les périodes de chauffe.

Moisissures en pied de mur et dans une alcôve, appartement expertisé à Beausoleil

Sur l’immeuble, nous avons relevé des fissures en façade et un solin de toiture mitoyenne fissuré et décollé. De quoi orienter les recherches vers une infiltration. L’analyse du bâti a conduit ailleurs.

La cause : la vapeur d’eau ne peut plus traverser les murs

Un mur respire. Il laisse passer une partie de la vapeur d’eau produite par les occupants, vers l’extérieur ou vers l’intérieur. C’est ce qu’on appelle la perspirance. Dans cet appartement, quatre éléments la bloquaient simultanément.

Un enduit extérieur étanche à la vapeur. Les façades sont en maçonnerie de pierre recouverte d’un enduit hydraulique à matrice cimentaire. Ce type d’enduit limite les échanges vers l’extérieur.

Une isolation intérieure qui ferme l’autre côté. Lors de la rénovation de l’appartement en 2016, une isolation thermique par l’intérieur a été posée. L’isolant utilisé ne semble pas biosourcé et limite lui aussi les échanges. La vapeur se dirige alors vers les zones de moindre résistance.

Des ponts thermiques dans les alcôves et les renfoncements. Ces zones n’étaient pas isolées comme le reste des parois. Elles restent plus froides, la vapeur s’y condense. C’est précisément là que les moisissures étaient les plus marquées.

Traces d'humidité dans le renfoncement d'une fenêtre, au-dessus d'un radiateur

Un renouvellement d’air insuffisant. Les anciennes fenêtres en bois à simple vitrage laissaient passer de l’air. Leur remplacement a supprimé ces entrées parasites. Au même moment, la VMC posait problème : elle avait été trouvée non conforme et rejetait de l’air dans la cuisine au lieu de l’aspirer. Des travaux avaient déjà été menés, mais notre essai au papier indiquait encore un défaut d’aspiration aux bouches d’extraction. Les détalonnages des portes de la salle d’eau et des WC n’étaient pas conformes non plus, ce qui empêche l’air de circuler des pièces sèches vers les pièces humides.

Pourquoi les traces apparaissent-elles surtout en hiver ?

Les occupants avaient remarqué que les désordres s’aggravaient pendant les périodes de chauffe. Ce n’est pas un hasard. Chauffer un logement augmente la quantité de vapeur d’eau que l’air peut contenir. Quand cet air rencontre une paroi froide, un pont thermique d’alcôve par exemple, la vapeur se condense. Ajoutez une humidité extérieure élevée et un air intérieur peu renouvelé, et les conditions de la moisissure sont réunies.

Les fissures de façade jouent un rôle, mais pas celui qu’on leur prête : elles facilitent le passage de la vapeur à travers les murs plutôt qu’elles ne laissent entrer la pluie.

Ce que nous avons préconisé

Repeindre ou traiter les moisissures en surface n’aurait rien réglé. Les traces seraient revenues à l’hiver suivant. Nos préconisations portent sur les causes.

  • Un diagnostic thermique pour confirmer la présence de points de rosée sur les parois, étudier les ponts thermiques des alcôves et des renfoncements, et dimensionner correctement les solutions.
  • Des matériaux qui laissent respirer les murs : un enduit extérieur à la chaux plutôt qu’un produit cimentaire, des isolants ou régulateurs biosourcés comme la fibre de bois ou le chanvre.
  • Une ventilation vérifiée puis améliorée : contrôle du raccordement de la sortie de VMC au boisseau pour écarter tout refoulement, puis installation d’une VMC hygroréglable.
  • Des détalonnages de portes conformes, pour que l’air circule réellement jusqu’aux bouches d’extraction.

Ces préconisations ont été remises à la propriétaire. Nous ne savons pas si elles ont été mises en œuvre depuis : notre mission s’arrêtait au diagnostic. Quand la reprise concerne le logement entier, elle se poursuit en rénovation d’appartement à Beausoleil.

Ce que ce cas apprend

Devant des moisissures, le réflexe est de chercher par où l’eau entre. Ici, l’eau ne rentrait pas : elle était produite à l’intérieur et ne pouvait plus sortir. Un enduit cimentaire d’un côté, un isolant fermé de l’autre, des parois froides et une ventilation défaillante suffisent à installer durablement le problème.

C’est la raison d’être d’un diagnostic avant travaux : distinguer une infiltration d’un phénomène de condensation, parce que les deux ne se réparent pas du tout de la même façon. Nous intervenons sur ce type de désordre en expertise et diagnostic à Beausoleil et dans les communes voisines.

Comment distinguer une infiltration d’un problème de condensation ?

L’infiltration suit la pluie : les traces apparaissent ou s’aggravent pendant et après un épisode pluvieux, souvent en auréoles bien délimitées, parfois loin du sol. La condensation suit le chauffage : elle s’installe en hiver, se concentre sur les parois froides, les angles, les renfoncements de fenêtres et les zones mal ventilées. Quand les deux coexistent, seules des mesures d’hygrométrie et un examen du bâti permettent de trancher.

Qu’est-ce que la perspirance d’un mur ?

C’est la capacité d’une paroi à laisser transiter la vapeur d’eau. Un mur ancien en pierre est naturellement perspirant. Recouvrez-le d’un enduit cimentaire à l’extérieur et d’un isolant fermé à l’intérieur, et la vapeur produite dans le logement se retrouve piégée. Elle ressort alors là où elle peut, généralement sur les parois les plus froides.

Une VMC hygroréglable suffit-elle à régler un problème de moisissures ?

Elle y contribue, mais rarement seule. Sur ce chantier, la ventilation n’était qu’un des quatre facteurs. Changer la VMC sans traiter les ponts thermiques des alcôves, ni la capacité des murs à évacuer la vapeur, aurait amélioré la situation sans la résoudre. C’est pourquoi le diagnostic précède le devis.

Faut-il isoler par l’intérieur un appartement en pierre ?

C’est possible, à condition de choisir un isolant qui laisse passer la vapeur et de traiter les points singuliers, alcôves et renfoncements compris. Une isolation intérieure posée sans tenir compte du comportement hygrothermique de la paroi déplace le problème derrière la cloison, où il devient invisible jusqu’à ce que les moisissures apparaissent.

Intervenez-vous à Beausoleil pour ce type de diagnostic ?

Oui. Nous réalisons des expertises humidité et structure à Beausoleil, à Menton, à Roquebrune-Cap-Martin, à Cap-d’Ail et sur les communes voisines. Notre première réponse consiste souvent à vous dire si une expertise est justifiée dans votre situation.